Ne pas baisser la garde

Une assemblée générale sous le sceau du succès de la manifestation nationale du 3 février… Comme le rappelait en introduction Evelyne Tauleigne, bâtonnier de l’ordre des avocats de Grenoble, le cortège avait en effet rassemblé 15000 personnes, dont de très nombreux avocats venus de toute la France.

La décision de prolonger la grève a été prise par un vote unanime.

Dans ces conditions, fallait-il décider de poursuivre le mouvement de grève – grève totale depuis le 6 janvier – ou s’orienter vers de nouvelles formes d’action? C’est que la grève pèse lourdement sur les cabinets d’avocats, privés de toute ressource du fait de l’arrêt de leur activité.

La décision a été prise par un vote unanime : la grève, dans les formes qu’elle revêt aujourd’hui, sera effective jusqu’au lundi 10 février.

Les arguments entendus dans la grande salle de la maison de l’avocat pouvaient se résumer d’un trait : ce n’est pas le moment de donner un signe de faiblesse. Une rencontre devait avoir lieu le 4 février au soir entre le Premier ministre et les représentants nationaux de la profession. Une déclaration du Conseil national des barreaux était attendue dans la nuit. Le Conférence des bâtonniers devait se réunir le 5 février tandis que l’assemblée générale du Conseil national des barreaux était convoquée le vendredi 7 février.

Un large débat à la maison de l’avocat.

Dans ces conditions, les avocats grenoblois ont estimé qu’il ne convenait pas de baisser la garde. Le mouvement de grève se poursuit, par conséquent, et une série d’initiative va être prise au cours de la semaine, notamment une adresse, sous différentes formes, aux députés qui sont aujourd’hui saisis du texte. Des mesures seront prises pour encore mieux expliquer ce que le projet gouvernemental recèle de danger pour la profession d’avocat : à Grenoble, on estime à 280 le nombre de cabinets qui disparaîtraient sous le coup de la hausse des cotisations, créant autant de difficultés d’accès au droit pour les justiciables.

Une nouvelle assemblée générale se réunira le 10 février. Elle décidera des suites du mouvement à la lumière de l’évolution des discussions avec le gouvernement. Les avocats sont décidés à engager une bataille sur le long terme. Le bâtonnier Bénichou faisait ainsi remarquer que le Conseil d’État, dans l’avis qu’il a rendu sur le texte gouvernemental, « nous a très clairement indiqué les pistes que nous pourrions suivre pour attaquer la constitutionnalité de ce projet bâclé ».

Le gouvernement n’en a pas fini avec sa réforme des retraites.

Evelyne Tauleigne, bâtonnier de l’ordre.

Le bâtonnier Bénichou.