Prix Abécassis, un concours d’éloquence dédié aux droits de l’homme.

Jeudi 6 décembre, la maison de l’avocat va se parer de nouveaux atours. Une exposition de photographies de lauréats du prix Abécassis va y être installée. Le prix Abécassis? C’est l’occasion de revenir sur l’histoire de ce prix d’éloquence dont le premier a été décerné il y a vingt-deux ans.

Le 22 janvier 1996, dans l’enceinte de ce qui fut hier le palais de justice, redevenu aujourd’hui le palais du Parlement, la rentrée solennelle du barreau innove en donnant la parole au 1er lauréat du concours d’éloquence dit prix Abécassis.

Maître Sixtine Vadon, lauréate du prix Abécassis 2017.

L’idée de ce concours a été adoptée par le conseil de d’ordre du bâtonnier Bernard Gallizia, qui se souvient : « A l’époque où les avocats étaient stagiaires avant d’être avocats, existaient les conférences du stage, animées par le bâtonnier en exercice, et destinées à assurer la formation déontologique des stagiaires. Au terme du stage, un concours d’éloquence permettait de décerner le titre, envié à l’époque, de premier secrétaire de la conférence du stage.

Les avocats grenoblois ont estimé que ce concours, élitiste, était devenu désuet et ont décidé de le supprimer. Quelques années plus tard, le conseil de l’ordre décidait de rétablir un concours de parole, sous la forme du prix Abécassis, en hommage à notre confrère Jean-Pierre Abécassis, brillant pénaliste, confrère charmant et plein d’esprit, porteur de valeurs fortes de générosité et d’ouverture aux autres.

En ce 22 janvier 1996, devant un parterre de confrères venues de toute la cour d’appel en délégations, des magistrats du siège et du parquet, des juridictions commerciales et prud’homales, du représentant de l’Etat, des élus investis d’un mandat national ou local, c’est un jeune stagiaire avocat de 26 ans, Me Hervé Gerbi, qui se lève. Le 1er lauréat du prix Abécassis défend le sujet qui remporta les suffrages de ses pairs : interruption volontaire de grossesse : entre droit et moral. Voilà un sujet qui résume en réalité à lui seul l’essence de ce prix : comment défendre par le droit des convictions aux enjeux éthiques et moraux ? Comment les impératifs éthiques, la contrainte morale et l’exigence de la loi peuvent se concilier, parfois au prix de débats vigoureux, au service de tous ?

Une belle diversité de sujets traités

Depuis, le lancement de ce prix de l’éloquence, le barreau de Grenoble s’est enrichi d’autres lauréats qui, par leur talent oratoire, ont défendu des sujets variés.

Me Georges Emmanuel Germany obtenait le prix en 1998.

Me David Roguet en 2001  traitait de l’administration de la preuve et modernité, fiabilité de la science et droits de l’homme.

En 2003, c’est Me Dominique Kufel qui dissertait sur démocratie et sécurité.

Me Josquin Louvier en 2005 nous interrogeait : grâce et amnistie, survivance du pouvoir régalien ou exercice d’un droit républicain ?

Puis Me Mélanie Muridi en 2007 : la loi doit-elle sanctionner l’Histoire ?

Me Armand Samba Sambeligue en 2009  interpellait son auditoire : la sécurité est-elle la première de nos libertés ?

Me Rodolphe Piret en 2011 continuait avec humour: le prévenu est-il cuit quand son avocat est cru ?

C’est un quatuor d’avocates qui emportait le prix en 2013, Me Céline Martin, Me Elise Quaglino, Me Pascale Hays, Me Sophie Detroyat, Me Bénédicte Morlat en 2013, traitant d’un brûlant sujet d’actualité: la défense de la défense en Turquie »

Me Ségolène Jay Bal questionnait son public en 2015 : juge qui rit juge à moitié conquis ?

Et Me Sixtine Vadon en 2017  avec humour et ironie l’interpellait : Démocratie ! Levez-vous.

Eléonore Cruz, Floriane Gasperoni, et Sixtine Vadon étaient en lice pour le prix Abécassis 2017.

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