Les nouvelles technologies pour être mieux encore… avocat

Le barreau de Grenoble a créé une nouvelle commission, Incub avocat. Animée par Deborah Perconte et Philippe Simon, cette instance travaille sur les possibilités offertes à la profession par les nouvelles technologies, dans le cadre d’un réseau national qui se consacre à cette étude. Avec l’objectif d’améliorer la disponibilité de l’avocat pour ses clients.

Qui a l’occasion de découvrir la salle des pas perdus d’un tribunal en garde une image : ces avocats en longue robe noire, chargés de piles impressionnantes de dossiers, de chemises cartonnées, de papiers… Ce n’est sans doute pas tout à fait demain que l’image sera reléguée dans la poussière des albums oubliés. Ce futur est pourtant en train de se construire.

Maîtres Deborah Perconte et Philippe Simon co-président la commission « Incub’avocat » de l’ordre des avocats de Grenoble.

C’est l’un des rôles que s’est attribué le réseau national Incub’avocat. Incub, comme incubateur d’entreprises, d’idées, de pratiques nouvelles. Réseau national qui dispose depuis cet été d’une antenne grenobloise, animée par maître Deborah Perconte et maître Philippe Simon. L’adage le prescrit, il faut vivre avec son temps. « L’être humain a vécu trois grandes révolution, le feu, l’ampoule électrique et aujourd’hui les écrans », résume maître Simon.

Gagner du temps, pour le client

Les écrans, ce peut être très utilitaire. « Notre objectif est de développer l’accès au droit et de faciliter l’exercice de la profession d’avocat, explique Deborah Perconte, et pour cela d’utiliser, de mettre les technologies nouvelles à la disposition de nos confrères ». Une réflexion très large, qui va de la contribution à la création ou à l’évolution de sites internet des cabinets d’avocats qui le souhaitent à l’utilisation du site de l’ordre des avocats de Grenoble (celui sur lequel vous prenez connaissance de ce texte) pour automatiser certaines procédures. « Les heures d’attente que nous pourrions gagner si nous pouvions consulter les ordres de passage des affaires et donner nos instructions en ligne seraient utiles pour discuter avec nos clients, expliquer les actes de procédure et les décisions », souligne Deborah Perconte. L’avocate évoque encore la possibilité de fluidifier les audiences en référé du mercredi après-midi par la mise en ligne sur l’espace « avocats » que comporte leur site du nom et de la photographie des avocats concernés.

Aspects parmi d’autres de l’efficacité potentielle d’une dématérialisation organisée par la profession.

Rien à voir avec la justice automatique

L’usage des nouvelles technologies de l’information ouvre évidemment des horizons plus vastes pour les avocats. Et c’est le second volet du travail des membres de la commission Incub avocat, une dimension plus prospective. Là, on parle d’intelligence artificielle, de collecte de fonds sur internet et des points de droit soulevés par ces pratiques nouvelles, de contrats intelligents, de blockchain et des garanties d’inviolabilité que procure cette technologie, de legaltech… « Incub avocat, c’est l’émergence d’idées nouvelles, résume maître Philippe Simon, l’appropriation de ces technologies par la profession; c’est aussi l’occasion de jeter des ponts entre nos confrères grenoblois et le tissu de start-up qui fait le dynamisme du bassin grenoblois ». Des relations auxquelles les entreprises locales ont le plus grand intérêt, par exemple pour protéger leurs propriétés intellectuelles. « Maîtriser l’emploi et les formes nouvelles de ces nouvelles technologies est devenu nécessaire pour être à même de répondre aux besoins juridiques des entreprises, note Philippe Simon, le droit, c’est un peu comme la médecine : on rentre dans un cabinet médical avec mal à la tête et on en ressort avec une ordonnance pour le cœur; l’avocat, c’est celui qui dira ce qui convient après avoir tiré le fil de la demande, posé les bonnes questions ».

La relation humaine, l’essence d’un métier

Car une réalité demeure, celle de la primauté de la relation humaine. « Les nouvelles technologies nous offrent davantage d’efficacité pour davantage de contacts avec nos clients, que ce soit pour un divorce ou la rédaction d’un contrat d’association dans une entreprise, souligne Deborah Perconte, il ne s’agit pas de tomber dans le travers d’une simplification technologique qui nous conduirait à proposer un service standardisé à bas coût ».

Bien au contraire. L’exploitation des nouvelles technologies pour conduire les tâches répétitives à faible valeur ajoutée, c’est une forme nouvelle d’hommage à l’essence du métier d’avocat : « la justice, c’est l’humain ».

 

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