L’envie d’aller au bout des choses

Début juillet, Corinne Lemariey a succédé à Gian Prandini au poste de secrétaire générale de l’ordre des avocats de Grenoble. Une fonction qu’elle aborde en « militante de la cause des avocats ». Entretien.

« Vingt ans, c’est bien, il était temps de passer à autre chose ». Avec toujours la même soif de découvrir, d’organiser, de construire. Corinne Lemariey occupe depuis le mois de juin les fonctions de secrétaire générale de l’ordre des avocats de Grenoble, après avoir été une avocate reconnue du barreau de Grenoble.

Comment conçoit-elle ses fonctions ? « Donner du sens à notre travail, mettre en place des procédures efficaces et durables ; interroger nos pratiques pour les adapter à notre temps… » Secrétaire générale de l’ordre, c’est pour cela le poste idéal : « c’est un peu comme directeur général des services dans une collectivité territoriale, une fonction de direction et d’organisation dont le rôle est de mettre un ensemble de services à la disposition du bâtonnier et des avocats grenoblois, de la gestion de la formation à l’organisation d’initiatives ouvertes au public et à la représentation vis-à-vis d’autres professions judiciaires ; je suis un peu une militante de la cause des avocats grenoblois ».

Corinne Lemariey a plusieurs vies. Militante, elle l’est aussi dans la commune où elle réside, Varces. Elle est adjointe au maire depuis 2015, chargée de de l’action sociale, du logement social à la petite enfance et aux personnes âgées, après s’être occupée des ressources humaines pendant un an. « Je suis une élue investie, dit-elle, et cette expérience du fonctionnement d’une collectivité, de la diversité des gens avec lesquelles nous sommes en contact en tant qu’élue… tout cela m’est précieux pour exercer mes fonctions au sein de l’ordre. »

C’est que Corinne Lemariey compte quelques cordes à son arc. Avant d’être choisie pour succéder à Gian Prandini, elle était avocate. Aussi connaît-elle parfaitement les rouages de la profession, les codes dont usent les avocats, le fonctionnement du monde judiciaire. Un avantage certain pour diriger les services de l’ordre – la caisse de règlement pécuniaire des avocats, il faut connaître… Ce qui lui confère un regard averti, de l’intérieur en tant qu’ancienne avocate et de l’extérieur du fait de la diversité de ses expériences.

L’épaisseur d’une vie professionnelle

Car c’est aussi l’épaisseur d’une vie professionnelle qu’elle peut mettre au service du barreau. « J’ai travaillé dès le premier jour où je suis entrée à la fac, à Paris I », se souvient-elle. Les petits boulots d’étudiant, de la garde d’enfant au télémarketing, les centres de loisirs et les colos, dûment munie de son brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur… Après des études de droit et un DEA – on dit master aujourd’hui – sur le droit des obligations civiles et commerciales, « j’avais envie de Sud et je me suis fait muter à Aix-en-Provence par la société de protection juridique dans laquelle je travaillais ». De quoi être tentée par la profession d’avocat : « j’ai eu envie d’aller au bout des dossiers que j’instruisais, sans être contrainte de les transmettre à un avocat ; c’était frustrant ». Déjà la bougeotte après avoir fait le tour de la question, déjà la volonté de conduire les choses à leur terme.

Corinne Lemariey prête ainsi serment en 97 à Aix-en-Provence et s’inscrit au barreau de Grenoble eu égard aux circonstances de sa vie personnelle. Vingt ans après, elle devient secrétaire générale de l’ordre. Avec toujours la même envie : « je suis tenace et je ne lâche pas l’affaire ». La cause des avocats grenoblois est entre de bonnes mains.

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