Et pourquoi pas le bonheur…

Les avocats grenoblois, en partenariat avec la chambre de commerce et d’industrie, organisaient le 13 juin les Estivales économiques du barreau. Ils avaient choisi cette année de prendre de la hauteur et de s’intéresser au bonheur. En invitant une spécialiste en ces matières, Florence Servan-Schreiber. Elle se définit comme professeur de bonheur.

 

La soirée a été ouverte par Marie-Anne Delaye, pour la chambre de commerce et d’industrie, et David Roguet, bâtonnier de l’ordre des avocats.

« Les avocats comptent parmi les professions dont les membres sont les moins heureux ». La boutade avait son public: Florence Servan-Schreiber la proposait aux avocats grenoblois. Elle intervenait à l’occasion des Estivales économiques, organisées par le barreau dans les locaux de la CCI. Avocats et chefs d’entreprise s’y étaient retrouvés pour une soirée qui sortait de l’ordinaire.

Florence Servan-Schreiber exerce en effet le beau métier de professeur de bonheur.

Florence Servan-Schreiber, auteure et conférencière.

Le rapport avec l’économie, le monde de l’entreprise et du droit? Le bâtonnier David Roguet, en ouvrant la soirée, citait Woody Alen. « Qu’est-ce que je serais heureux si j’étais heureux! » Formule qui, pour les avocats, eux « qui côtoient la souffrance au quotidien en recevant leurs clients », a sans doute des vertus « thérapeutiques ». Plus généralement, le monde de l’entreprise et sa quête de sérénité dans les relations de travail n’est pas toujours épargné par ce paradoxe: « nous sommes parfois éloignés du bonheur par l’espérance du bonheur », relevait le bâtonnier.

Diane Mazoyer et Myriam Tidjani, co-présidentes de la commission entreprises du barreau.

C’est dire que l’intervention de Florence Servan-Schreiber était attendue avec curiosité et peut-être même un brin d’espoir.

L’auteure livrait un aperçu de l’état de la science dans la jeune discipline de la psychologie positive, mise au jour par la recherche américaine. Avec un premier constat, pas nécessairement réjouissant: la prédisposition au bonheur relève pour moitié… de la configuration de nos gènes. Elle attribuait encore 10% de nos félicités à l’environnement dans lequel nous évoluons pour se concentrer sur les 40% de nos allégresses qui demeurent sensibles à nos choix personnels.

David Roguet, bâtonnier de l’ordre des avocats de Grenoble.

Le cours magistral du professeur dévoilait une série de recettes que l’on peut tenter de résumer d’un précepte: faire attention à soi. Prendre conscience de « ce en quoi chacun de nous est unique, fait d’un alliage particulier »: les qualités de chaque individu lui appartiennent en propre, à lui et à personne d’autre. « Nos super-pouvoirs, ce sont les qualités qui sont les nôtres et que souvent, on ne se reconnaît pas soi-même », disait-elle. Et elles s’avèrent complémentaires au sein d’une équipe: « je ne suis en aucune façon persévérante, disait-elle, ma qualité principale est la créativité, et dans la société que j’ai reprise, je suis très complémentaire avec quelqu’un qui est au contraire extrêmement persévérante ». Une autre recommandation de la science du bonheur est de ne pas se priver de ce qui fait du bien au motif que l’on aurait autre chose à faire. « Ce que nous avons envie de faire, c’est ce qui nous permet d’emmagasiner de l’énergie pour supporter le reste ».

Un cocktail a permis de poursuivre les échanges entre dirigeants d’entreprises et avocats.

Florence Servan-Schreiber insiste: « le bonheur est un truc d’organisation ». Ce qui passe l’observance de dix points qui constituent une sorte de petit guide du bonheur. On y apprend à savourer l’instant présent, à ne pas rechercher l’argent, à faire du sport, à prendre soin de ses relations familiales et amicales, à s’engager pour donner du sens à son existence ou encore à cesser de se comparer avec son prochain…

« Je suis devenue professeur de bonheur car mon emploi précédent m’a quittée ». Une reconversion parfaitement réussie qui a su faire le bonheur de Pole emploi.

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