Le bâtonnier Roguet dessine le futur des avocats du barreau de Grenoble

Lors de la cérémonie des vœux et du passage du bâton entre les bâtonniers Samba-Sambeligue et Roguet, David Roguet s’est attaché à décrire les perspectives de travail qui seront celles de son mandat. Il attache un prix tout particulier à la formation des avocats et à la qualité des relations avec la magistrature. Et appelle à la vigilance quant à la réforme annoncée du maillage territorial de la justice.

 

Le passage du bâton entre Wilfried Samba-Sambeligue et David Roguet.

De superbes tentures, des plafonds peints, des boiseries solennelles… l’émotion n’était pas loin pour tous les avocats qui ont plaidé dans les salles d’audience du Palais du parlement du Dauphiné, l’ancien palais de justice de Grenoble. C’est ce bâtiment marqué par l’histoire de France – où l’on respire comme un parfum de la Journée des tuiles -, qui accueillait la cérémonie des vœux du bâtonnier Roguet et de l’ordre des avocats de Grenoble. Cérémonie particulière : elle constituait le cadre du « passage du bâton », symbole de la prise de fonction du bâtonnier David Roguet qui succède au bâtonnier Wilfried Samba-Sambeligue.

Le président du conseil départemental a ouvert la soirée

Tradition que ce passage de relai qui ne pouvait trouver décor plus assorti. Mais là s’arrête l’inscription dans les usages d’un métier séculaire. Le bâtonnier Roguet avait prévu que les membres du conseils de l’ordre se présentassent « en civil », sans revêtir leur robe professionnelle. « Nous sommes évidemment à notre place, ici, en civil, au sein d’un monument de la ville, car nous sommes avocats dans la cité, et nous savons que ce ne sont plus, ni les lieux, ni les costumes, qui doivent nous définir », disait-il dans son allocution (*). Un discours tourné vers les exigences de notre siècle.

Le bâtonnier évoquait notamment l’importance de la formation des avocats. « Pour nos clients, être spécialisé c’est être compétent… Formons-nous pour nous spécialiser », suggérait le bâtonnier. Car l’avocat est certes d’abord un défenseur, mais il est aujourd’hui aussi « un conseil, un rédacteur, un médiateur, un arbitre, un mandataire, un manager, un entrepreneur…  Il est tout ça à la fois. Et il se doit d’être tout çà à la fois ».

Wilfried Samba-Sambeligue a dit sa gratitude aux avocats.

Le bâtonnier dressait un tableau des relations entre avocats et magistrats pour constater l’amélioration intervenue au cours du bâtonnat de Wilfried Samba-Samebligue. Dans son intervention, ce dernier avait auparavant salué la disponibilité du Premier président Beynel, du procureur général Dallest et de la présidente Wittrant. « Votre porte m’a toujours été ouverte », constatait Wilfried Samba-Sambeligue en saluant les magistrats présents aux premières loges.

Wilfried Samba Sambeligue exprimait également « toute sa gratitude » aux membres du conseil de l’ordre comme à l’ensemble des avocats du barreau pour le travail accompli et évoquait la « continuité » qui préside au changement de bâtonnier. Tout comme David Roguet avait l’occasion lui aussi de le souligner.

Le moment singulier et chargé d’émotion du passage du bâton entre les deux hommes en portait témoignage.

Le bâtonnier Roguet a insisté sur la formation des avocats.

Cette cérémonie des vœux n’en regardait pas moins les horizons à venir. Avec une première échéance, celle de la réforme de la carte judiciaire. Le bâtonnier Roguet prononça des mots fermes à cet endroit. La défense de la cour d’appel de Grenoble et de ses compétences constitue pour lui le premier chantier ouvert pour le barreau de Grenoble.  « Aucun lieu de justice ne doit être supprimé. Doit-on en être rassurés ? Nous devons en tout cas demeurer attentifs. Car la spécialisation annoncée des cours entraînera inévitablement des arbitrages. Notre mobilisation est donc essentielle et elle ne pourra être efficace que si elle est conduite main dans la main avec l’ensemble des acteurs locaux », relevait David Roguet.

Mais l’avenir, ce sont aussi les jeunes avocats. Et David Roguet leur lançait un appel : « Ne transigez jamais sur ce qui vous définit en tant que tel : je veux parler de la liberté qui doit toujours nous animer, celle de parole, de pensée, d’expression. C’est votre ADN. Notre identité. » Une signature du barreau, en somme.

Soirée riche de perspectives et d’exigences pour une profession qui veut « croire aux matins ».

 (*) L’intégralité de l’allocution du bâtonnier David Roguet à télécharger ici.

 

 

Vingt-et-un avocats ont prêté serment en décembre dernier.

 

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