Serment.
Une audience solennelle riche de promesses

Vingt-huit nouveaux avocats ont prêté serment, le 15 décembre dernier, au palais de justice de Grenoble. Une nouvelle vie pleine de promesses s’offre à eux tandis que les points de vue exprimés par l’institution judiciaire étaient, eux aussi placés sous le sceau de belles perspectives. Récit d’une matinée qui aura marqué les impétrants aujourd’hui bienvenus dans la profession.

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La salle d’audience numéro 16 était pleine. Les familles étaient là. « C’est un moment dont vous vous souviendrez toute votre vie », souriait le premier président de la cour d’appel, Jean-François Beynel. Cet instant lumineux tout autant que solennel, c’était celui de la prestation de serment des vingt-huit avocats de la promotion 2016. Levez la main droite et dites : je le jure…

28 avocats ont prêté serment en décembre 2016 au palais de justice de Grenoble

28 avocats ont prêté serment en décembre 2016 au palais de justice de Grenoble.

Ce moment, c’était aussi celui de la rencontre entre les trois pôles du monde judiciaire : l’accusation, la défense et le juge. Et il est fort utile, pour les jeunes avocats comme pour l’ensemble de la collectivité judiciaire : c’est là en effet que peuvent s’échanger publiquement les points de vue sur « l’état de la science ».

Ce respect que nous nous devons

Un point partagé par tous, celui de la nécessité du respect entre les différents intervenants. Le bâtonnier Samba-Sambeligue y insistait. « Les avocats, auxquels la loi garantit le droit de s’exprimer devant vous en toute liberté,  doivent être respectés comme ils ont le devoir en retour de respecter l’institution judiciaire », disait-il devant la cour. Ce que reprenait le substitut général Florent Crouhy en notant qu’avocats et magistrats du parquet n’exercent pas deux missions qui s’opposeraient, mais bien au contraire partagent une même mission, celle de rendre la justice. Le premier président Beynel renforçait encore le propos. « Ce respect que nous nous devons les uns aux autres impératif pour que l’institution judiciaire elle-même soit respectée ; si le justiciable perdait confiance en l’institution, alors elle reculerait ».

En cette audience de prestation de serment, il était naturel que chacun s’exprimât sur le métier d’avocat. Le substitut général relevait les profondes évolutions auxquelles le métier est confronté. « Aujourd’hui, un robot est capable de lire deux cents millions de pages juridiques en trois secondes ; c’est l’occasion de se consacrer pleinement à la partie noble du difficile métier d’avocat, le sens de l’autre ». Tout en soulignant la difficulté à laquelle est confronté l’avocat de garder la nécessaire hauteur de vue dans la relation contractuelle individuelle avec un client là où le magistrat se prononce au nom du peuple français. Le bâtonnier Samba Sambeligue rappelait de son côté que la raison d’être du barreau est d’assister les avocats en toutes circonstances, et tout particulièrement ceux qui viennent d’entrer dans la profession.

Un moment qui reste gravé dans les mémoires

Un moment qui reste gravé dans les mémoires.

Jean-François Beynel quant à lui se saisissait de l’occasion pour livrer quelques réflexions qu’il qualifiait de « personnelles ». Il indiquait d’abord qu’en prêtant serment, les avocats entrent dans le service public. Profession libérale, certes, mais contribuant à la bonne marche du service public de la justice, avec l’ensemble des acteurs de l’institution. « Collectivement, nous exerçons une co-responsabilité et gérons ensemble le bon fonctionnement de la justice : les juges sont bons lorsque les avocats sont bons ». Une approche que le premier président élargissait à la notion de famille. « On ne choisit pas sa famille proche, celle du barreau, ou plus éloignée, ses cousins magistrats ; mais on est responsable ensemble d’éviter que les réveillons se terminent mal ». Casser la vaisselle, c’est rarement avancer.

Sujets communs, valeurs partagées

Le premier président rappelait enfin que cette famille aura l’occasion de s’exprimer dans les mois électoraux qui viennent.

« Le niveau de l’aide judiciaire, l’individualisation des peines, l’avenir de la cour d’appel à Grenoble, la carte judiciaire… autant de sujets qui nous sont communs », constatait-il avant de lancer un appel : « pensons à ce qui nous rassemble, à ces valeurs qui nous sont communes et nous ne nous divisons pas », disait-il. Tout en notant la chance qui est la nôtre de vivre dans un pays démocratique où le conflit se règle devant la justice avec la possibilité de faire appel d’une décision.

Une audience riche qui aura ainsi permis une expression franche de l’ensemble des partenaires de l’institution judiciaire dont chacun aura sans doute à cœur qu’elle prenne corps désormais dans le quotidien du palais de justice. Et une journée de sourires et de fête qui restera gravée dans le cœur des vingt-huit avocats qui viennent de rejoindre le barreau de Grenoble.

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